Vers un futur plus vert : Outils portatifs électriques pour les pros

Les professionnels des secteurs des jardins, parcs et forêts auront d’ici peu quelques sérieux défis à relever. En premier lieu, la disparition lente mais irrévocable des outils utilisant des énergies fossiles. Pour étudier comment le marché se préparait à cette tendance écologique générale dans la société, nous avons demandé à plusieurs spécialistes à quoi nous pouvions nous attendre.

Zéro émission

Les carburants fossiles constituent sans conteste le principal problème. Pas un jour ne se passe sans que nous entendions parler de changement climatique, dire que le passage à des véhicules électriques est inévitable, annoncer l’adoption d’une nouvelle zone de basses émissions et ainsi de suite. L’objectif poursuivi par toutes ces mesures est le « zéro émission », c’est-à-dire la réduction au maximum des contraintes pour notre environnement.

Il va de soi que notre secteur n’échappe pas à cette évolution. On pense d’emblée à la façon dont nos outils de jardinage fonctionnent. Si l’essence et le diesel constituaient jusqu’à il y a peu encore la norme, nous remarquons aujourd’hui que la propulsion électrique se généralise un peu partout. Les constructeurs sont soucieux de ne pas rester à la traîne, mais force est cependant de constater que l’électrification concerne pour l’instant surtout les machines destinées aux particuliers. Les professionnels, quant à eux, doivent parfois faire des choix bien réfléchis parmi les modèles existants sur le marché.

Batterie Li-ion

Les batteries Li-ion constituent actuellement la solution par excellence pour les outils de jardinage électriques en général. Pour les professionnels, le problème n’est pas tant le choix d’appareils portatifs sans fil que le fait qu’ils doivent, pour l’instant en tout cas, encore se rabattre sur d’autres solutions pour leurs travaux lourds.

C’est précisément ce que l’on déclare chez Husqvarna : aujourd’hui, même les professionnels peuvent travailler avec des appareils portatifs sans fil de façon écologique, sans émissions ni gaz d’échappement. Toutes ces machines sont équipées d’une batterie au lithium, qui peut être facilement transférée par exemple d’un coupe-bordure vers un souffleur, d’une tronçonneuse vers un taille-haies, ce qui permet de continuer à travailler sans interruption. Le constructeur ajoute que ses moteurs sans fil offrent des performances comparables à celles de moteurs thermiques, sans émissions nocives et sans consommer de carburant fossile. Et d’évoquer sa nouveauté la plus récente : une puissante débroussailleuse (535irxt) égalant la puissance de la débroussailleuse thermique de 35cc.

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© Husqvarna

On retrouve le même son de cloche chez SNA Europe (Bahco). Ici aussi, on souligne la polyvalence des batteries, et on y ajoute même différents atouts. Ainsi, les coûts sont incroyablement faibles (même si la puissance moteur ne dépasse pas 2000 watts). Parfois, ils ne dépassent pas 20 centimes par jour, soit le coût moyen de rechargement de la batterie. Les coûts d’entretien sont en outre très réduits, grâce à la technologie électrique et au fait que les moteurs ne contiennent plus de balais de charbon ni de pièces d’usure, et que les batteries Bahco ne nécessitent aucun entretien. On souligne en outre le fait que les batteries durent souvent plus d’une journée de travail.

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Tout cela semble formidable, mais la médaille a aussi ses revers. D’abord, il y a une puissance qui reste modeste, et que plus d’un professionnel estime trop faible. Par exemple une tronçonneuse ou un souffleur sans fil n’offrent pas la même puissance que leurs homologues à moteur thermique, tandis que leur autonomie est limitée à quelques heures.

« Aujourd’hui, il semble irréaliste de vouloir que tout le monde adopte tout de suite à des machines sans fil. Le marché n’est pas encore prêt, pas plus que les constructeurs de matériels professionnels », explique-t-on chez le constructeur de machines Eliet. « Sur les matériels lourds surtout, puissance et autonomie restent par trop limitées. Nous sommes absolument partisans de la généralisation des outils électriques, mais il faut travailler avec les moyens du bord. »
On fait également remarquer que les machines fonctionnant avec des carburants fossiles ont considérablement évolué ces dernières années.

« Les moteurs deux ou quatre temps actuels n’ont plus rien à voir avec ce qui se faisait il y a, disons, 25 ans. Ils ont évolué pendant toutes ces années et satisfont désormais aux normes européennes. Tous les aromates, comme le benzène et le toluène, ont en outre disparu des gaz d’échappement émis par ces machines. Prétendre qu’un souffleur deux temps est plus polluant qu’un trajet de 1.700 kilomètres en voiture, comme on a pu récemment le lire dans un journal, est tout simplement mensonger. Pourquoi ne pas envisager d’autres solutions ? Regardez ce qui se fait aux Pays-Bas : là-bas, toutes les administrations communales ont été contraintes d’adopter l’essence alkylate, qui peut également être utilisée sur le parc de machines existant. »

Les moteurs à essence ont considérablement évolué

Jo Beau, spécialiste en machines à Bruges, est une référence dans le monde des broyeurs, dessoucheuses et scarificateurs mobiles compacts pour professionnels. Le constructeur abonde dans ce sens, et avoue tout comme Eliet s’intéresser de très près à la piste de la propulsion électrique.

« Nous travaillons sur des projets qui apportent de plus en plus souvent une réponse aux questions du climat et de la pollution atmosphérique. C’est ainsi que nous utilisons toujours la version la plus récente des moteurs essence. Mais nous sommes bien décidés à aller plus loin à l’avenir. Les batteries ne sont pas encore tout à fait opérationnelles, mais elles le deviendront », nous explique-t-on ici. « La législation est devenue plus draconienne pour les moteurs essence et diesel, et elle devrait à notre sens encore se renforcer. C’est donc à nous d’anticiper. Un bon exemple de notre engagement est le broyeur professionnel. Notre gamme compte déjà des modèles électriques comme le Jo Beau E200 et E300, ainsi que les modèles pour particuliers E100 et E150 (qui seront lancés au printemps 2020). Et nous examinons évidemment aussi comment nos autres modèles, comme les moteurs hydrauliques ou entrainés par prise de force, pourraient être convertis à leur tour. »

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© Jo Beau

« Nous suivons nous aussi cette évolution de très près, surtout en ce qui concerne l’électrification des machines particulières, qui représentent 65% de notre chiffre d’affaires », ajoute-t-on chez Eliet. « L’idéal serait que nous puissions équiper un scarificateur ou un broyeur d’une batterie que le client puisse aussi utiliser pour sa tondeuse ou son taille-haies. Malheureusement, cette batterie n’existe pas encore pour le moment. »

« En conclusion, nous devons rechercher aujourd’hui d’autres moyens permettant au professionnel de travailler en polluant le moins possible. Cela signifie d’abord et avant tout répondre le mieux possible aux normes d’émissions actuelles. Ce que nous faisons de plusieurs façons différentes. Ainsi, une partie de nos machines professionnelles sont désormais équipées du système Eco eye, qui contribue à réduire considérablement la consommation et la pollution sur notre gamme de broyeurs Super Prof et Mega Prof. Ce système ramène spontanément le régime du moteur diesel (33 cv) ou essence (23 &37 cv) au ralenti lorsque la machine n’est pas productive grâce à une détection par un capteur infrarouge au niveau de la zone d’alimentation. Le moteur n’est relancé que lorsqu’un opérateur se place devant l’entrée, prêt à traiter un nouveau lot de déchets verts. Cela permet d’économiser jusqu’à 200 litres de carburant par an, réduisant ainsi l’impact négatif sur l’environnement et le cadre de vie. »

Une ergonomie améliorée

Chez Husqvarna et Bahco, on souligne, outre l’aspect écologique, un autre avantage des outils électriques. L’équation ne se résume en effet pas aux émissions et à la pollution.

« Nos souffleurs sans fil, dont notre puissant 550iBTX, constituent un bel exemple des différents avantages offerts par la technologie des batteries. Normalement, un souffleur est une machine gourmande en carburant et qui nécessite beaucoup d’entretien », explique-t-on chez Husqvarna. « Nous nous sommes beaucoup attardés sur l’ergonomie pendant l’utilisation, afin de réduire la fatigue et de pouvoir travailler plus longtemps. Nous bénéficions notamment d’un avantage qui constitue un point commun à tous les appareils électriques : par leur conception, ils ne nécessitent que très peu d’entretien, ce qui ne manquera pas d’intéresser les professionnels. Remplacer les bougies ? Ce n’est plus nécessaire… »

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©Van Dyck

Moins de vibrations + recyclage

« D’autres avantages se situent parfois au niveau des détails », complète-t-on chez Bahco. « Par exemple, notre outil électrique est muni d’un revêtement métallique spécial qui réduit les vibrations et rend l’utilisation plus agréable. Nous avons également pensé à la sécurité, avec un capteur de rebond à démarreur électrique équipant nos cisailles. Enfin, tous ces outillages électriques sont très silencieux. Sans oublier qu’un outil électrique est généralement beaucoup plus compact que son homologue thermique. La différence peut aller jusqu’à 40%. »

« Une dernière chose à signaler, mais c’est peut-être la plus importante, est que nous ne bornons pas à commercialiser des batteries, mais que nous contribuons également activement à protéger l’environnement en réfléchissait déjà au recyclage. Ainsi, le moteur est aujourd’hui recyclable à 95 %, sans oublier le fait que nos outils ne contiennent ni métaux lourds, ni autres substances toxiques ou dangereuses mauvaises pour l’environnement. »

 

Auteur: Jan Hoffman

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