Prix du patrimoine paysager et écologique

Pour sa 2ème édition, le Prix du Patrimoine paysager et écologique de la
Fondation Etrillard choisit le projet de restauration « Villa Médicis de l’agroécologie » du parc du Château de Buzet, projet porté par l’association Château & Fabriques de Buzet aux côtés du propriétaire du site – la coopérative Les Vignerons de Buzet.

 

Buzet, situé sur la commune de Buzet-sur-Blaise, dans le Lot-et-Garonne. Ce bourg castral bâti au XIème siècle, et entouré de 11 hectares de parcs et jardins, constitue un enjeu patrimonial et culturel majeur pour la région.

Le domaine, abandonné depuis de nombreuses années, a été acheté fin 2018 par la coopérative les Vignerons de Buzet. L’association Château & Fabriques de Buzet est gestionnaire du site depuis l’été 2019 et est actuellement en cours de réhabilitation et d’études dans l’optique de valoriser le site dans le territoire auprès du public, via des projets culturels, pédagogiques et scientifiques liés à l’agroécologie viticole. Entièrement dédié à l’agroécologie, ce futur Tiers-Lieu est porté par l’association Château & Fabriques de Buzet aux côtés du propriétaire du site – la coopérative Les Vignerons de Buzet.

Cette restauration a été pensée par l’architecte paysagiste-concepteur Hélène SIRIEYS, entourée d’une équipe pluridisciplinaire d’experts : architecte en chef des Monuments Historiques, naturaliste, historien, muséographe, scénographe…. Elle concerne l’ensemble du domaine et a été conçue de façon globale, avec la volonté d’opérer une réelle transition agroécologique. Baptisé « la Villa Médicis de l’agroécologie » par les maitres d’ouvrages qui participent à l’expérience, le domaine de Buzet va entamer sa mutation selon un calendrier à la fois exigeant et respectueux du lieu.

« Aujourd’hui le domaine ressemble au château de la Belle au Bois dormant, explique Hélène Sirieys. C’est un site fragile et complexe qui nécessite prudence et douceur pour ne pas bousculer les équilibres en place – entre histoire, biodiversité et poésie. C’est donc dans une démarche holistique que le projet va se construire collectivement et progressivement, au fur et à mesure des connaissances, des priorités identifiées, des initiatives et des partenaires. Pour autant, la première étape est d’ores et déjà fixée. Elle vise à conserver ou renforcer la biodiversité en place, préserver les traces historiques et les valoriser, améliorer l’articulation et la complémentarité des différentes parties, et encadrer l’ouverture du parc dans un objectif de médiation et de pédagogie.

De multiples actions de médiation

Les premiers travaux vont concerner neuf espaces du parc avec la volonté de retrouver la lumière, ouvrir les différents milieux, ré-ouvrir des sentiers et des allées…. Autre objectif majeur, sécuriser le parc pour offrir un accès au public et favoriser la médiation rapide du site : organisation d’animations pédagogiques, de pratiques artistiques, d’expérimentations scientifiques…

Les activités de sensibilisation liées au projet « Villa Medicis de l’agroécologie » vont se déployer avec la création d’ateliers dédiés à l’agroforesterie, à destination d’agriculteurs du territoire, d’associations et d’institutionnels. Par ailleurs, les lieux accueillent déjà plusieurs experimentations qui vont se poursuivre, notamment le diagnostic environnemental du territoire effectué via des abeilles. Quatre ruches ont été placées dans le parc ; le pollen récolté permet de réunir près de 4 milliards d’échantillons par an, régulièrement analysés par des laboratoires spécialisés pour évaluer l’état de santé environnemental du site. Ces données permettent de co-construire des plans d’actions : sensibilisation du public, plantation de flore adaptée en collaboration avec des écoles, les agriculteurs, les citoyens engagés…

La dotation de 30 000 euros apportée par la Fondation Etrillard va permettre une mise en œuvre rapide des premiers travaux. 2022 sera consacré à la restauration des zones proches du château : la terrasse nord, la prairie de l’ancien bourg-castral… Ils concerneront également l’ancien potager qui poursuivra sa mutation en potager agroécologique.

En 2021, il a déjà permis à des élèves de l’école de Buzet de suivre toute une série d’activités : semis, plantation, récolte et sensibilisation à la biodiversité des potagers, à la vie des sols… La montée en puissance de cette restauration permettra de recevoir davantage de classes et d’élargir encore les activités.
Conçu dans une grande flexibilité afin de mener projets et partenariats diversifiés, ce potager accueillera deux enseignantes de cycle 3 de l’école de Buzet pour la création d’une « aire terrestre éducative », initiative nationale portée par l’Office Français de la Biodiversité. Concrètement, une surface du parc sera choisie par les élèves qui se réuniront en « conseil des enfants » et prendront toutes les décisions concernant leur espace. En s’appropriant une partie du parc, ces élèves se formeront à l’écocitoyenneté et au développement durable de façon participative. Façon citoyenne de se reconnecter à la nature et à leur territoire….

Aussi ambitieux que novateur, ce projet s’inscrit parfaitement dans la mission de la Fondation Etrillard… Tisser des ponts entre passé et monde contemporain, inciter à la transmission et permettre au grand public de redécouvrir la richesse du patrimoine français et suisse.

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