Paul Geerts à propos du Green Deal « Jardins naturels »

Lancé en novembre 2020, le Green Deal Natuurlijke Tuinen (Jardins naturels) vise à rassembler des partenaires de l’ensemble du secteur des jardins et du secteur vert et à les encourager à jouer un rôle actif dans un aménagement plus naturel et plus biodiversifié des jardins en Flandre. L’idée est que nos jardins peuvent jouer un rôle de premier plan dans la lutte contre le changement climatique, la restauration de la biodiversité, l’amélioration du cadre de vie et du milieu résidentiel et, d’une manière générale, dans la transition vers une société plus durable en Flandre.

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Que sont les « Green Deals » ?

Les Green Deals sont un instrument du gouvernement flamand visant à regrouper et à renforcer les initiatives et les dynamiques vertes au sein de la société. Il s’agit d’un accord volontaire entre des partenaires (privés) et le gouvernement flamand en vue de lancer ensemble un projet vert. Cet accord poursuit des objectifs environnementaux qui vont de pair avec une compétitivité accrue et une bonne gestion. Toutes les parties s’engagent à faire ce qui est en leur pouvoir pour mener à bien le projet. Les résultats des actions sont publiés, afin que d’autres puissent en faire usage et en tirer des enseignements.

Le Green Deal « Jardins naturels » s’adresse à tous les professionnels flamands du jardin et de l’architecture paysagiste, tels que les entrepreneurs de jardins, les concepteurs de jardins, les autorités locales et supralocales, les organisations sectorielles, les promoteurs de projets, les pépiniéristes, les jardineries, les producteurs de matériaux de jardin, les établissements d’enseignement…

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Pourquoi un Green Deal Jardins naturels ?

Une partie importante de la Flandre est composée de jardins. On dénombre au total près de deux millions de jardins privés qui couvrent 9 % du territoire flamand. Ce chiffre est relativement élevé par rapport à d’autres formes d’affectation du sol comme les réserves naturelles (3 %) ou les forêts (11 %). La part des jardins continue d’augmenter encore chaque année. D’après les calculs de Valerie Dewaelheyns, la superficie consacrée aux jardins a augmenté de 91 km² en quinze ans, entre 1990 et 2005. Durant la période 2002-2005, les nouveaux jardins représentaient 8 % de l’ensemble des jardins et une superficie de 10,6 ha.

Si l’on examine à quels endroits se situent ces jardins, on constate que les jardins représentent environ 21 % du territoire des zones urbaines, 6,5 % de la zone rurale et plus de 11 % de la zone agricole.

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Les jardins flamands sont manifestement concentrés surtout autour des grandes villes et le long des grands axes routiers. En Flandre, les plus grandes concentrations de jardins se situent aux angles du losange flamand formé par Bruxelles, Gand, Anvers et Louvain. Les environs de Hasselt et de Genk et la région de Courtrai avec une excroissance vers Bruges forment également un centre de gravité de la concentration des jardins. En revanche, les communes situées dans les zones agricoles de la Flandre occidentale et aux zones fruitières du Limbourg n’ont qu’une faible concentration de jardins. En d’autres termes, les jardins privés sont des émanations de l’urbanisation et constituent le type d’« espace ouvert » le plus fréquent dans les zones urbanisées.

Compte tenu de l’impact spatial des jardins en Flandre et de leur répartition sur le territoire, nous ne pouvons plus nous permettre de considérer le jardin uniquement ou principalement comme un coin de paradis privé, une histoire purement personnelle. L’image du jardin de rêve est bien sûr différente pour chacun. Pour certains, le jardin est avant tout un lieu de détente ou de jeu en famille ou avec les amis ; pour d’autres, c’est aussi ou surtout un endroit où l’on peut profiter activement ou passivement de la nature ou cultiver ses propres fruits et légumes ; pour d’autres encore, c’est avant tout un plaisir esthétique ou peut-être un symbole de statut social… Mais si l’on prend un peu de recul et que l’on considère les jardins dans leur ensemble et leur impact spatial, on voit que ces jardins peuvent aussi jouer un rôle écologique et social considérable.

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Services écosystémiques

Dans le contexte des grands défis auxquels nous sommes confrontés, tels que la pression sur les espaces ouverts et la densification des villes, le changement climatique avec des étés chauds et secs et des précipitations abondantes, et le recul de la biodiversité, on prend de plus en plus conscience du fait que le jardin est un fournisseur potentiel de services écosystémiques. Ce terme compliqué désigne notamment le refroidissement, la collecte et l’infiltration de l’eau, le piégeage du carbone, la réduction du bruit et la capture de la pollution atmosphérique, l’approvisionnement en nourriture, la valeur esthétique, la santé et le bienêtre… L’importance du bien-être s’est d’ailleurs fait particulièrement sentir durant la crise du coronavirus.

Avec un peu d’exagération, on pourrait dire que l’adaptation au climat commence dans son propre jardin. Il suffit de penser à la collecte et à l’infiltration de l’eau, à la prévention de l’effet d’îlot de chaleur, au stockage et à la rétention du carbone (CO2), etc.

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Au niveau de la biodiversité, il s’avère que malgré leur superficie relativement faible et leur morcellement, les jardins des zones urbaines sont des zones dynamiques caractérisées par une très grande diversité d’espèces végétales et animales. Du point de vue de la préservation et du renforcement de la biodiversité, les jardins ne doivent plus être considérés comme des îlots de verdure, mais comme des noeuds essentiels d’un maillage vertbleu, certainement en milieu urbain et péri-urbain. Les jardins d’une zone donnée forment aussi ensemble une structure paysagère verte à haut potentiel en termes de biodiversité.

Cela nécessite toutefois une approche adaptée de la conception, de l’aménagement et de la gestion des jardins.

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Le Green Deal « Jardins naturels » est une initiative du Kenniscentrum tuin+ de l’Erasmushogeschool Brussel, en collaboration avec l’Association belge des architectes de jardins et des architectes paysagistes (ABAJP), la Fédération belge des entrepreneurs paysagistes (FBEP), Groen Groeien et l’association professionnelle belge des producteurs de plantes ornementales (AVBS), le Centre expérimental flamand d’horticulture ornementale (PCS) et les Landelijke Gilden, avec le soutien du Département de l’environnement de l’administration flamande.

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