Observatoire des villes vertes : une enquête sur la végétation spontanée

Dans le cadre de sa 10e enquête, l’Observatoire des villes vertes a interrogé 37 grandes villes françaises sur leur prise en compte et leur gestion de la végétation spontanée en milieu urbain.

 

La généralisation progressive de la gestion écologique des espaces verts publics est à l’origine d’un regain de la végétation spontanée en ville – le retour du coquelicot en ville étant un des exemples les plus parlants. L’Observatoire des villes vertes a interrogé les municipalités sur leur niveau de prise en compte et de gestion de ce retour de la nature dans des espaces jusqu’ici non végétalisés : pour cette 10e vague d’enquête, 37 villes françaises ont partagé leurs stratégies et meilleures pratiques en matière de végétation spontanée sur leurs territoires.

En parallèle, l’Observatoire a mené une enquête auprès des citoyens pour connaître le niveau de connaissance et d’acceptabilité de ce phénomène grandissant et de plus en plus visible. S’il s’agit d’un levier puissant évoqué par les villes pour protéger et ramener la biodiversité dans l’espace public, l’élan inéluctable que connaît le développement de la végétation spontanée semble souffrir aujourd’hui d’un manque d’encadrement. Ce dernier permettrait de pérenniser la présence et l’impact de la végétation spontanée en ville, en associant l’ensemble des parties-prenantes, citoyens en tête.

Une grande majorité de villes (94 % soit 9 sur 10) a déjà mis en action des plans de gestion différenciée pour laisser plus de place à la végétation spontanée et locale. Plusieurs stratégies sont choisies avec la délimitation de zones prioritaires de végétation spontanée (pour 57 % des villes) ou bien, à l’inverse, de zones « sans végétation spontanée » (pour 76 % des villes) afin de préserver des espaces spécifiques comme les terrains de sport ou les monuments historiques qui réclament une gestion maîtrisée de la végétation. Mais certaines villes vont plus loin et tolèrent aujourd’hui la présence de végétation spontanée sur l’ensemble de leurs espaces publics (Avignon, Royan, Besançon et Vauréal).

Les municipalités laissant une place croissante à la végétation spontanée sont motivés, selon l’étude, par deux objectifs : la protection de la biodiversité (pour 57 %des villes) et le retour d’espèces végétales endémiques et « patrimoniales » (pour 34 % des villes). Une vigilance est toutefois portée sur les risques que peuvent faire peser, d’un point de vue sanitaire et environnemental, la prolifération d’espèces exotiques envahissantes (renouée du Japon, ambroisie, berce du Caucase…) et celles-ci font l’objet pour 38 % des villes d’un plan de lutte spécifique.

L’enquête conclut sur les freins rencontrées par les équipes municipales pour favoriser la végétation spontanée, avec des initiatives citoyennes bienvenues pour aller dans ce sens mais encore trop limitées. Elle pointe également des freins internes, la problématique n’étant pas aujourd’hui assez prise en compte dans les les politiques territoriales ni formalisée, par exemple, dans le Plan local d’urbanisme (PLU).

Les villes se mobilisent donc pour sensibiliser leurs citoyens, 84 % d’entre elles ayant renforcé leur communication sur ce sujet. Elles trouveront sans doute un motif d’optimisme dans l’enquête d’opinion réalisée par l’institut Yougov pour le compte de l’Observatoire, et qui révèle que trois quart des français (79%) sont favorables à la végétation spontanée. A une condition toutefois : que celle-ci ne paraisse pas envahissante et qu’elle soit donc bien encadrée, pointe 66 % des personnes interrogées…

Tous les détails de l’enquête sont à retrouver en cliquant ici

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