Lausanne Jardins 2019 / La reconquête des espaces libres

Lausanne Jardins, qui s’est imposée comme l’un des événements paysagers majeur en Europe, se déroulera de juin à octobre 2019. Le temps d’un été, la manifestation propose d’insérer des jardins dans l’espace urbain : rues, places, terrains délaissés, façades de bâtiments ou toitures. La sixième édition de Lausanne Jardins a choisi le thème de la pleine terre afin de sensibiliser le public à la valeur des quelques espaces urbains qui n’ont jamais été bétonnés et imperméabilisés.

Depuis la première édition en 1997 Lausanne Jardins ambitionne de faire réfléchir sur la ville et de changer le regard que nous lui portons, au travers de jardins éphémères implantés dans l’espace urbain. Depuis plus de vingt ans, cette manifestation accompagne ou provoque la transformation du paysage urbain, en révèle la diversité et la richesse.

Ce qui la distingue de festivals de jardins qui se déroulent dans des sites dédiés, c’est l’implantation des jardins en situations urbaines, ce qui oblige les participants à avoir non seulement une démarche conceptuelle, mais également contextuelle. Il s’agit de décliner la thématique imposée tout en racontant l’histoire d’un lieu dans la ville.

La mutation du paysage urbain

Dans le contexte actuel de mutation du paysage urbain, Lausanne Jardins 2019 a pour objectif de se réapproprier la ville et refléter les enjeux qui s’y jouent. Lausanne Jardins, c’est l’occasion de s’intéresser de près à la question de l’espace public comme élément déterminant de la qualité de vie en ville. Des espaces urbains adaptés aux nouveaux usages, accessibles à tous, dans un large souci de cohabitation.

Cette philosophie permet non seulement de sensibiliser le public à la qualité de vie en ville, mais également d’apporter des réponses à certaines problématiques locales, grâce aux améliorations proposés par les concepteurs de ces installations temporaires. Le temps d’un été, Lausanne devient ainsi un laboratoire grandeur nature qui permet de révéler les potentiels de lieux a priori sans âme, de donner ou de redonner une identité à des sites parfois négligés, d’insuffler une nouvelle vie à des endroits oubliés.

Avec ses installations éphémères, donc réversibles, Lausanne Jardins se prête de manière idéale à la fonction de laboratoire urbain: utiliser le jardin comme outil de transformation, d’animation et de fabrication de la ville. Les jardins mettent le doigt là où ça fait mal, révèlent des lieux inconfortables de l’espace public, des délaissés, des lieux qui ne fonctionnent pas, mais aussi des lieux qui ont un potentiel. L’art contemporain du jardin sert d’outil pour la création et la transformation d’espaces publics à vivre : des espaces de cohabitation, de jeux, de rencontres, dans le centre-ville et dans les quartiers. Tout cela dans le but de redonner à l’espace public, et donc à la ville, toute sa dimension culturelle, sociale et démocratique.

Comme pour les éditions précédentes, la question de la deuxième vie des jardins sera soigneusement examinée. Il a été demandé aux participants du concours de réfléchir à l’après-manifestation, afin de pérenniser, de transformer ou de recycler les œuvres projetées.

La pleine terre

La pleine terre, c’est le thème de la sixième édition de Lausanne Jardins. Ces quelques espaces urbains qui n’ont jamais été bétonnés, imperméabilisés, et sont restés en contact avec le monde d’en-bas, celui qui donne une bonne partie de sa richesse au monde d’en-haut. Parce que le sous-sol s’exprime en surface. A travers les arbres notamment, pour qui la pleine terre est une condition nécessaire. Il en reste encore de ces puits de terre, mais plus on s’approche du centre plus ils se font rares. Flaques de terre, toits végétalisés, jardins suspendus : on passe des profondeurs à la culture hors-sol. Et à une végétation dont les ressources sont comptées.

La pleine terre, et par extension les parcs, les jardins, les platebandes, les talus, les rivières et les forêts qu’elle nourrit et supporte, sont (plus que jamais) le trésor des villes. Les autres sols, encore libres et accessibles, socles des rues, des cours, des patios et des passages, font partie intégrante du trésor. De leur qualité dépend directement celle de ces jardins de toutes natures. Assemblées, révélées, reliées, ces pièces d’un même trésor augmentent mutuellement leur valeur en constituant un réseau, cohérent et lisible, pour les usagers humains, animaux, végétaux. Lausanne jardins donne l’opportunité de créer un tel réseau.

Vingt sites 
Les 140 équipes internationales sélectionnées sur dossier se sont vues attribuées l’un des 20 sites traversant la capitale vaudoise d’ouest en est, du parc de Valency au parc Guillemin, sur le tracé historique des premiers tramways lausannois. Chacun nous parle de son sol et de ses qualités. Des qualités qui changent au fil des quartiers et des différents types urbains, et la végétation change avec elles. De la pleine terre à la pleine terre, en passant par le hors-sol du centre-ville.

 

Le fil de l’histoire de Lausanne Jardins 2019 consiste à révéler les sols de chacun des sites, raconter leur histoire naturelle et culturelle, d’où ils viennent, quel est leur avenir et potentiel, en quoi ils participent à la richesse de la ville. Lever leur ambiguïté, leur donner une véritable identité de jardin.

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