La moitié des places de stationnement va disparaître à Paris

La mairie de Paris souhaite transformer la moitié des places de stationnement sur la voirie et l’ouvrir à un nouvel usage. Un plan d’action devrait être présenté d’ici l’été au Conseil de Paris.

 

« Avec le dérèglement climatique, nous sommes confrontés de plus en plus à des périodes de canicule, pointe David Belliard, adjoint à la maire de Paris en charge de la transformation de l’espace public, des transports, des mobilités, du code de la rue et de la voirie. Mais aussi une aspiration à une autre type de ville, plus verte qui renoue avec la nature, dans laquelle nous allons moins vite ». Une des pistes que souhaite emprunter la ville de Paris pour répondre à ce désir est un rééquilibrage de la place de la voiture au profit des usagers. « Aujourd’hui, 50 % de l’espace public est accaparé par la voiture, alors qu’elle ne représente que 13 % des déplacements », précise David Belliard. L’idée est de transformer la moitié des places de stationnement sur la voirie – soit environ 60 000 places – pour les dédier à d’autres usages : pistes cyclables, agrandissement des trottoirs, végétalisation, bancs publics, espaces de jeu, etc. « Cela représente 60 hectares, complète l’adjoint en charge de la transformation de l’espace public. Soit près de trois fois la surface du parc des Buttes-Chaumont dans le 19e arrondissement ».

Six axes d’évolution

Se pose alors la question du devenir de ces espaces et comment organiser le stationnement restant. « Il nous a semblé important de lancer une concertation sur comment nous allons récupérer cet espace sur la bande de stationnement et ce que nous allons en faire », indique David Belliard. La mairie a donc organisé, entre octobre 2020 et février 2021, les États généraux du stationnement. Ces derniers se sont concrétisés à travers trois types de manifestation : une consultation en ligne « 10m2 en bas de chez vous », sur la plateforme idee.paris.fr, des ateliers thématiques ouverts aux associations et professionnels ainsi qu’une conférence citoyenne. Celle-ci a réuni 23 citoyens volontaires, dont un tiers de non parisiens.

Au final, les propositions ont permis de dégager six axes d’évolution. Tout d’abord, le besoin d’une végétalisation adaptée au contexte local des rues parisiennes. L’implantation d’essences résilientes aux pressions urbaines (pollution, chaleur, stress hydrique, etc.) pourrait ainsi atténuer l’effet îlot de chaleur mais également d’infiltrer l’eau de pluie.

170 000 nouveaux arbres

Par ailleurs, la mairie de Paris prévoit de planter 170 000 nouveaux arbres à Paris d’ici 2026 et poursuivre sa végétalisation de l’espace public. L’idée est de s’appuyer sur une méthode de plantation inspirée du botaniste japonais Akira Miyawaki pour le développement de mini forêt à croissance rapide. « Cette méthode (…) consiste à planter densément des essences d’arbres natives de la région. Cette densité est doublement bénéfique pour leur développement. Sous terre, elle crée une forte synergie racinaire entre les arbres ; à l’air libre, elle suscite une compétition vertueuse pour l’accès à la lumière, explique la mairie de Paris. Elle peut être mise en œuvre sur de petites surfaces (places, friches urbaines, talus du périphérique, etc.) et permet de créer des corridors écologiques urbains ».

Ces espaces nouvellement libérés pourrait également contribuer à améliorer l’offre d’alternatives à la voiture individuelle. Avec par exemple des stationnements sécurisés pour les vélos. Ces places pourraient aussi accueillir des bornes de recharge électriques. Ou pourrait également permettre de développer des « hubs intermodaux », des pôles d’échanges de mode de transport, par exemple à proximité des gares. À ceci devra être associée la mise en œuvre d’un code de la rue, de bonnes pratiques, complémentaire au code de la route pour que cohabitent le développement des mobilités douces et la densité urbaine que connaissent les parisiens. Une signalétique distinctive permettra de mieux délimiter les usages sur les places de stationnement.

De la même manière, les usagers – et notamment les livreurs – devront pouvoir s’informer sur l’offre de stationnement pour chaque mode en temps réel. La mairie compte profiter de cette surface disponible pour faciliter les livraisons et le stationnement professionnel. La stratégie d’implantation et du dimensionnement des aires de livraison pourrait évoluer et permettre une plus grande réversibilité. Une incitation au report des livraisons sur des créneaux de nuit grâce à des modes doux comme les vélos cargo ou véhicules électriques pourrait être envisagée.

Cette nouvelle orientation d’une partie de la voirie doit également s’accompagner d’incitation pour réinvestir le stationnement sous terrain. « Le sous-sol parisien offre des capacités de stationnement sous utilisées, cinq fois supérieures à celles de la voirie, et en capacité d’accueillir tous les véhicules se déplaçant occasionnellement », note David Belliard. Toutefois elle devra s’accompagner d’une harmonisation des tarifs, car pour l’instant celui des parkings souterrains n’encourage pas à leur usage. « L’objectif est de présenter d’ici l’été le cadre et un plan d’action, pour ouvrir le débat au sein du Conseil de Paris », indique David Belliard.

Source: actu-environnement.com

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