Gert Van Thillo parle des matériels à accumulateur

2020, une année sacrément difficile, y compris pour le secteur vert au sens large, avec ce Covid-19. Quel impact le virus a eu et a toujours sur notre secteur et vers où se dirige le secteur, indépendamment du Covid-19 et plus spécifiquement dans le domaine des machines? C’est avec ces questions parmi d’autres que nous avons été frapper à la porte de Gert Van Thillo, coordinateur fédération chez Fedagrim asbl, la Fédération Belge des Fournisseurs de machines, bâtiments et équipements pour l’Agriculture et les Espaces Verts.

Gert Van Thillo, coordinateur fédération chez Fedagrim asbl, parle de l'avenir des matériels à acculumateur. L'interview est maintenant à lire sur le site web de CG Concept ou dans l'Annuaire 2021 pour le secteur vert belge.
Gert Van Thillo, coordinateur fédération chez Fedagrim asbl

Nous avions espéré nous entretenir avec Gert lors du salon Démo Vert début septembre dans le parc de Laeken mais comme bien d’autres événements, Fedagrim a dû renoncer à l’organiser. C’est donc l’option de la vidéoconférence qui a été privilégiée avec en ouverture une question assez évidente: Le Covid-19 dans le secteur des espaces verts: comment l’a-t-on géré en 2020 et à quoi peuton s’attendre pour l’avenir? Observe-ton par exemple des changements dans la demande? Ou a-t-on constaté des hausses/baisses significatives pour certains produits?

Gert Van Thillo: “Honnêtement, au début de la crise, nous redoutions un peu une baisse dans la vente des machines de jardin. Principalement parce que nous pensions que les commerces allaient devoir fermer leurs portes pendant un mois et demi, de surcroît en plein milieu de la saison.”

“Heureusement, nous n’en sommes pas arrivés là. Si on observe les chiffres du marché, on constate que les ventes de matériel de jardin sont reparties en flèche dès la réouverture. Ce qui a permis au secteur de réaliser des chiffres semestriels comparables à ceux de la même période en 2019, on arrive à peu près au même niveau. Je n’oserais pas m’aventurer dans une explication formelle, mais il est possible que cela soit dû, d’une part, au fait que les entrepreneurs de jardins ont pu continuer à travailler et, d’autre part, au fait que beaucoup de gens étant contraints de rester à la maison, ils ont compensé en travaillant au jardin.”

“Ces quelques exemples de mon entourage seront sans doute évocateurs. Un terrassier m’a raconté qu’il a dû réaliser tellement de terrassements pour des travaux d’aménagement de jardin que cela a totalement compensé ses autres activités. Un pépiniériste de la région a déclaré n’avoir jamais vendu autant de plantes que cette année. En bref, on peut dire que le rattrapage au niveau de la vente aux particuliers a pas mal contrebalancé au final.”

Gert Van Thillo, coordinateur fédération chez Fedagrim asbl, parle de l'avenir des matériels à acculumateur. L'interview est maintenant à lire sur le site web de CG Concept ou dans l'Annuaire 2021 pour le secteur vert belge.

Deuxième confinement

Au moment de réaliser cette interview mi-novembre, un deuxième confinement avait été mis en place. Bien sûr, nous avons voulu savoir quelles sont les attentes au niveau impact sur le secteur.

Gert Van Thillo: “Pendant ce deuxième confinement, les magasins ont pu rester ouverts mais le volume de vente est limité étant donné la saison. En pratique, on vend actuellement principalement des tronçonneuses et des broyeurs, ce qui occasionne moins de problèmes.”

Évolutions et tendances

Assez parlé du Covid-19, il est temps d’entrer dans le vif du sujet, les espaces extérieures. Notre interlocuteur perçoit-il des évolutions significatives et des tendances marquées?

Gert Van Thillo: “La tendance de ces 4-5 dernières années est sans conteste l’essor des machines sur batterie, qui affichent année après année une croissance à double chiffres. Avant, on parlait uniquement de fonctionnement sur accu pour les robots tondeuses, qui ont été les premières machines répandues de ce type, mais on constate qu’on arrive déjà à une certaine saturation.”

“Alors qu’auparavant, la technologie sur batterie se développait principalement dans les catégories plus légères, comme les taille-haies, on voit aujourd’hui un glissement vers les machines plus puissantes, comme les tronçonneuses. Il y a plusieurs explications à cela, principalement l’amélioration des machines, d’une part, et de la puissance des batteries, d’autre part.”

Faux départ pour l’abandon progressif du deux temps

Ces machines sans fil toujours plus performantes nous conduisent inévitablement à parler d’une décision prise plus tôt par le gouvernement flamand: l’abandon progressif des moteurs à deux temps d’ici 2021. Or, nous avons eu droit à un silence radio total sur le sujet cette année. Qu’en pense Fedagrim et que penser de cet abandon progressif de manière globale?

“Le sans fil est indiscutablement un pôle de croissance important mais d’un autre côté, on constate que cela ne suffit pas encore pour les équipements plus puissants, comme les tronçonneuses ou les souffleurs à feuilles, les débroussailleuses, les tracteurs… Honnêtement, nous nous posons encore beaucoup de questions. Je pense que nous avons ici affaire à un faux départ car
toute la démarche repose sur des anciennes études.”

“Prenez, par exemple, l’argument de la pollution importante générée par ces moteurs. Clairement, cela ne tient pas compte des évolutions récentes de la technologie et que de ce fait, la majorité des machines ne sont pas aussi polluantes que ce qu’on nous a présenté. La poussière fine n’est pas seulement le fait du carburant. J’en réfère par exemple à une étude américaine menée sur les souffleurs à feuilles. Cette étude démontre clairement que le souffleur à feuilles lui-même disperse de fortes concentrations de poussière fine, à tel point que cela a poussé l’Autriche à en interdire l’utilisation.”

“Si on s’intéresse spécifiquement au moteur à deux temps, on voit une nette amélioration. Grâce aux nouvelles technologies et aux nouveaux carburants, il est beaucoup moins polluant.”

Pas besoin d’encouragement

Que nous réserve précisément l’avenir au niveau du sans fil? Le spécialiste des espaces verts doitil encore vraiment se tracasser de cet abandon progressif du moteur à deux temps?

“Je pense que le secteur n’a pas besoin d’encouragement et est visiblement prêt à sauter le pas. D’après moi, le sans fil va simplement devenir la norme à long terme mais il faut laisser une certaine latitude dans le futur proche, de manière à laisser le temps aux machines les plus puissantes de s’adapter. N’oubliez pas que le marché industriel est très spécifique en Europe. Il n’est pas tellement basé sur le sans fil et davantage tourné vers les moteurs à combustion.”

“Pour revenir à l’abandon progressif décidé par le gouvernement: oui, nous nous sommes penchés sur le sujet à l’époque, mais depuis, nous en avons très peu entendu parler. Par contre, il est vrai qu’après cette annonce, diverses communes ont pris la décision de passer uniquement au sans fil, pour être certaines d’être en ordre avec la législation. Le sans fil qui, ne vous méprenez pas sur mes propos, a énormément d’avantages. Notamment en termes de facilité d’utilisation, de poids, d’ergonomie, de bruit…”

“Pour résumer: oui, cette transition va se faire mais en tant que secteur, nous ne sommes pas partisans de la mettre en oeuvre avec des dates butoirs obligatoires. Il vaut mieux procéder par étapes, la logique dictant que dans les communes, on pense au sans fil principalement pour le matériel plus léger. Pour le matériel plus lourd, comme les tondeuses automotrices et les tondeuses autoportées, il existe déjà des modèles sur batterie mais ils en sont encore à la première phase de développement. Rappelezvous que les premiers modèles ont toujours besoin de 4-5 ans pour surmonter leurs maladies de jeunesse. On peut comparer cela à l’histoire de Tesla et des voitures électriques en générale.”

“Mais revenons à notre marché. Il y a un autre constat à faire: actuellement, la fabrication de batteries se fait quasi exclusivement en Chine, alors que nos membres sont presque tous des fabricants européens. Ils doivent avoir le temps de faire la transition, surtout quand on sait qu’en ce moment, les batteries, ils doivent les acheter alors que les moteurs combustion sont fabriqués en grande partie ici. Ici encore, je déconseille l’obligation, le secteur se régule bien lui-même.”

Gert Van Thillo, coordinateur fédération chez Fedagrim asbl, parle de l'avenir des matériels à acculumateur. L'interview est maintenant à lire sur le site web de CG Concept ou dans l'Annuaire 2021 pour le secteur vert belge.
© Husqvarna

Les espaces verts au sens large

Cela veut-il dire que Fedagrim prévoit un lobbying à l’avenir?

Gert Van Thillo: “Avec le Covid-19, nous avons été contraints de mettre le lobbying en stand-by. D’une part, il ne semblait pas y avoir de réel besoin en pratique et, d’autre part, avec le virus, il était difficile de se réunir autour d’une table, et il y avait des choses plus urgentes que cela. Ça va reprendre, bien sûr, mais pour l’instant, ce n’est pas à l’ordre du jour.“

Le sans fil s’inscrit dans l’évolution des espaces verts au sens large. Où devons-nous situer Fedagrim dans ce contexte?

“Nous avions prévu une initiative pendant Démo Vert. Un comptoir thématique consacré au sans fil, mais hélas, le salon n’a pas pu avoir lieu. Nous attendons énormément de l’écologisation du parc de machines de nos membres. Je pense que les esprits sont mûrs, surtout dans une grande ville comme Bruxelles, pour l’achat de petits véhicules électriques. Essentiellement des véhicules utilitaires, comme des balayeuses. On note déjà un engouement positif parmi nos membres. Nous suivons nos membres dans toutes leurs initiatives qui cadrent dans une démarche de durabilité.”

www.fedagrim.be


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