Espaces verts : un enjeu de santé publique

L’accès au végétal au quotidien engendre des effets positifs sur la santé physique et mentale. Pour en faire bénéficier l’ensemble des citadins, l’enjeu est de développer de nouveaux espaces verts tout en les adaptant aux différents usages.

Ces dernières années, de nombreux travaux de recherche menés aux quatre coins du monde démontrent les bienfaits du contact avec la nature sur notre santé. Selon une étude écossaise menée au sein de 8 villes européennes, le risque pour une personne d’être obèse est inférieur de 40 % dans les quartiers les plus verts1. Selon une autre étude hollandaise, les infections pulmonaires diminuent quant à elles de 20 % chez les individus bénéficiant d’une grande quantité de verdure à proximité de leur domicile2. Une étude américaine3 s’est quant à elle penchée sur le lien entre végétal et mortalité : plus il y a la présence de végétal à 500 mètres de la maison, plus la réduction de décès prématurée est forte, avec une réduction de 4 % pour chaque augmentation de 0,1 unité de végétation observée via les images par satellite… La liste des différents travaux menés est longue.
Selon la scientifique américaine Emily Makowski, il s’agit avant tout de bien comprendre que ces différents bienfaits du végétal sur la santé physique sont surtout attribuables à la façon dont les individus utilisent les espaces verts4. Comparées aux personnes qui passent davantage de temps en ville ou dans des espaces intérieurs, celles qui passent plus de temps dans des environnements extérieurs ont en effet davantage tendance à faire du sport. Pauline Laïlle, chargée de mission pour l’organisme d’étude et d’expérimentations Plante & Cité, l’affirme : « Les espaces verts sont le théâtre d’activités physiques permettant entre autres de réduire l’obésité et les maladies cardio-vasculaires. » Mais ces effets bénéfiques ne s’arrêtent pas là.

Diminution du stress et de l’anxiété, augmentation de la mémoire
« Il est non seulement important pour la santé physique des citadins de bénéficier d’espaces verts à proximité de leur domicile, mais aussi pour leur santé mentale, explique Pauline Laïlle. On commence à comprendre que le contact avec la nature est indispensable 
à l’équilibre psychologique de l’être humain. Cela se manifeste notamment par la diminution du stress ou de l’anxiété, mais aussi par l’augmentation de la vigueur psychologique5 ou de l’estime de soi. » De fait, une université britannique a révélé après trois années de recherche que les personnes participant à des activités de protection de la nature se sentent mieux, aussi bien émotionnellement que physiquement6. De manière générale, les individus vivant à moins de 300 mètres d’un espace vert affichent les plus forts niveaux de satisfaction à l’égard de la vie, d’estime de soi et de bonheur ressenti7.

Ces bienfaits du végétal sur la santé mentale sont notamment visibles chez les plus jeunes.  
En étudiant le développement cognitif de plus de 2 500 enfants âgés de 6 à 10 ans, des scientifiques espagnols ont en effet démontré que les espaces verts permettraient d’améliorer leur mémoire8. Ils contribueraient aussi à renforcer leur attention et à lutter contre l’hyperactivité à travers les jeux en plein air9. À condition que chacun puisse y accéder. « Les enfants n’ont pas tous le même accès à la nature chez eux, le même taux de verdissement dans leur quartier, le même trajet pour aller à l’école ni les mêmes écoles, qui sont plus ou moins arborées. L’inégalité de l’expérience de nature se constate dès le plus jeune âge. », indique Pauline Laïlle.

Prévenir les inégalités de santé sur les territoires
Pour que l’ensemble des citadins bénéficie des apports des espaces verts, suffirait-il d’en créer davantage au sein des villes ? « C’est plus compliqué que cela, souligne Pauline Laïlle. Les espaces verts ne profitent pas à tous de la même manière. Selon l’âge, le sexe ou bien la classe sociale, les citoyens ne bénéficient pas du même niveau d’accès à ces lieux. Il faut un espace vert pour tous certes, continue l’experte, mais surtout un espace vert pour chacun, dans des endroits différents et qui respectent les critères de sécurité, d’accessibilité et de propreté. » Pour Pauline Laïlle, le défi est donc double : créer plus d’espaces verts tout en les adaptant à l’ensemble des usages. Les enfants auront plus besoin d’espaces de jeu que les personnes âgées, par exemple, tandis que les femmes auront besoin de plus de sécurité que les hommes pour se déplacer seules dans ces espaces.

« Les principes d’équité et de justice environnementale doivent donc guider le choix des collectivités territoriales si elles ne souhaitent pas accentuer d’éventuelles inégalités de santé », conclut l’experte.

Pour en savoir plus, consulter le guide « Les bienfaits du végétal en ville » et le guide «  Le végétal et la santé ».

Source: citeverte.com

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