Dossier appareils sur batterie (1/2)

Les machines sur batterie forment un des sujets les plus brûlants dans le secteur des espaces verts. Dans le monde professionnel des espaces verts également, les machines sur batterie semblent supplanter le matériel entraîné par des combustibles fossiles. Cela signifie-t-il que l’avenir passera uniquement par les machines sur batterie?

Nous avons confronté les fabricants et distributeurs d’outils de jardinage plus lourds l’affirmation suivante: ‘L’avenir appartient aux machines sur batterie’.

En bref, leurs réactions peuvent se résumer comme suit: ils sont d’accord dans une large mesure, mais ne l’oublions pas…: le matériel sur batterie est effectivement en plein essor, mais les machines classiques à combustibles fossiles ont également ici leur place, dans de nombreux cas et peut-être encore pour plusieurs années, certainement auprès des professionnels.

Élimination progressive en 2021?

Si l’on regarde d’abord notre propre pays, une petite phrase tirée de l’Accord de Gouvernement flamand semble constituer la base idéale pour susciter des commentaires: “Nous avons pour objectif de supprimer progressivement les modèles à deux temps pour l’entretien des espaces verts publics d’ici 2021”. On en sommes-nous aujourd’hui?

Les réactions montrent qu’il faut prendre cette suppression progressive avec des pincettes. Tout le monde trouve qu’il s’agit d’un objectif noble, mais comme souvent, la pratique et la théorie ne correspondent pas toujours. En outre, dans un certain nombre de cas, travailler uniquement de façon électrique sera difficilement faisable. On fait ici référence en premier lieu au manque de puissance, mais on ne perd pas de vue non plus le fait que le fonctionnement sur batterie ne sera pas toujours la meilleure solution, notamment en raison de l’impact environnemental beaucoup plus important avant la mise en service. Il est frappant de constater que les solutions hybrides sont également évoquées à plusieurs reprises.

“Personnellement, je trouve cette décision plutôt rapide”, explique Michaël Carlier d’Etesia SAS. “Les nouvelles générations de moteurs à 2 et 4 temps sont de plus en plus économiques et les gens oublient que, pour les appareils sur batterie, on ne tient souvent pas compte de l’impact total sur l’environnement. Le lithium est extrait en Amérique du Sud ou en Afrique (souvent en faisant appel au travail des enfants), puis transporté en Chine pour fabriquer des batteries, après quoi il retourne en Europe ou en Amérique…”

Tommy Nagtegaal (Stihl) acquiesce et se demande si notre société et, par extension, le monde sont bel et bien prêts pour cela. Il est bon d’avoir un noble objectif, seulement… est-ce vraiment possible? De quoi faut-il également tenir compte?

“Ce qui est clair, c’est qu’il n’y a pas assez de puissance/force pour certaines applications comme pour les travaux forestiers, l’industrie, la construction ou le nettoyage. À côté de cela, il faut se demander si l’autonomie sera également toujours suffisante, ce qu’il en sera du stockage et de la recharge et quelle sera la durée de vie réelle des batteries.”

“Pour moi, une meilleure solution consiste, comme aux Pays-Bas, à obliger les utilisateurs professionnels à passer à du carburant à base d’alkylate, qui peut être utilisé dans les machines existantes. Les substances nocives comme le benzène, le toluène, les oléfines, le soufre et les aromates sont présentes en très faibles concentrations dans ce carburant et la combustion est plus propre, ce qui est bon pour l’homme, pour les machines et pour l’environnement.”

“Faire passer tout le monde aux machines sur batterie n’est pas une option viable pour l’instant, car le marché n’est pas encore prêt pour cela. Pour de nombreuses machines professionnelles à moteur thermique destinées à l’horticulture, aux travaux forestiers et à la construction routière, comme les puissantes tronçonneuses et les souffleurs de feuilles professionnels, il n’existe pas encore d’alternative sous forme de batterie développant une puissance comparable. Cela changera sans doute à l’avenir, mais cela prendra quelques années.”

Bart van Hal (Husqvarna) fait remarquer qu’ils faut faire une distinction en fonction de l’endroit où la machine devra être utilisée: “Pour l’entretien en centre-ville, il n’est plus nécessaire d’avoir une machine thermique, il existe en effet des machines sur batterie puissantes et efficaces pour tous les travaux. Cela peut encore poser problème tout au plus pour la tonte, mais il existe désormais de bonnes alternatives. La donne est totalement différente en dehors de la ville. Pour les travaux forestiers, par exemple, on constate que les professionnels se rabattent encore souvent sur des machines thermiques. Surtout lorsqu’une puissance (largement) supérieure à 50cc s’avère nécessaire.”

Ce à quoi on ajoute chez Pivabo: “l’un des principaux obstacles au passage à l’électrique pour les utilisateurs – et donc pour les applications plus lourdes – concerne le manque d’autonomie. Une journée entière d’autonomie est déjà possible. Par exemple, notre Nimos Posi-Trac peut fonctionner pendant plus de 10 heures avec une brosse de désherbage sans devoir être rechargé.

Les batteries et les travaux plus lourds

Il est clair qu’il y a encore du chemin à parcourir en termes de puissance pour les machines utilisées pour les travaux plus lourds. Quand passer aux machines électriques ou pas?

“Une machine électrique n’est pas nécessairement moins compétente qu’une variante à moteur thermique”, affirme-t-on résolument chez Pivabo. “En jetant un oeil au Nimos Posi-Trac dans notre gamme, un porte-outils multifonctionnel et articulé, on constate que les résultats et le rendement n’ont rien à envier à ceux de l’ancienne variante diesel.

“En termes de puissance, les modèles électriques peuvent déjà rivaliser. Le gros défi concerne le rapport autonomie/budget”, affirme-t-on chez Etesia. “Un exemple: une tondeuse autoportée à essence coûte 5.000 euros, mais la même tondeuse autoportée en version électrique avec une autonomie de 7 heures vous coûtera environ 20.000 euros. Quand on sait que le coût de fonctionnement à l’essence est d’environ 5 euros par heure, il vous faudra tondre 3.000 heures pour récupérer l’investissement supplémentaire. Et ce sans tenir compte du fait que la durée de vie des batteries sera souvent plus courte.”

“On peut ici tout de même apporter une remarque”, réagit-on chez Pivabo. “Les prix susmentionnés nécessitent pour notre gamme quelques précisions. Dans le cas du Nimos par exemple, il faut compter un supplément de 35% pour le pack de batteries au plomb-acide et de 50% pour le pack LiFePO4 sur le prix total de la machine, par rapport à une version diesel. Si l’on examine le coût total de possession, il s’avère qu’en utilisation professionnelle, ces suppléments de prix par rapport à la machine diesel seront amortis après respectivement 3,5 et 5 ans.”

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