Bruxelles / Jardins en Fête

Suite au succès des éditions précédentes et grâce à la Fondation CIVA et à la Région de Bruxelles-Capitale (Bruxelles-Environnement), l’initiative Jardins en Fête connaît cette année le 10 septembre sa dixième édition. Le grand public aura une fois de plus l’opportunité d’aller à la rencontre de 40 jardins privés et semi-privés, plus originaux les uns que les autres et pleins de surprises!

Cette année, nous vous offrons deux thèmes de découvertes : les jardins de NATHALIE DEVALLEE, une paysagiste d’exception; et bien entendu, les jardins à forte biodiversité.

 

Les jardins de Nathalie Devallée

Murmures des murs

Ce jardin permet d’accueillir des réceptions professionnelles sans perdre son cachet familial. La paysagiste met en valeur les murs plutôt qu’elle ne les dissimule. Repeints en blanc, ponctués de treillis et de bacs en acier corten, ils servent d’appui à des parterres longs et étroits qui ondulent à leurs pieds, avec une grande variété dans le choix des plantes. Deux œuvres en inox du sculpteur Jean-François Jans se posent sur les murs et les éclairent de leurs reflets. Au milieu du jardin, un grand mirabellier, au pied souligné d’un parterre, sert de parasol géant. Le gravier beige assure un doux lien entre le brun des bacs et le blanc des murs. Nathalie Devallée pratique avec aisance un certain minimalisme, une syntaxe bien à elle où naviguent les formes, les matériaux, les volumes utilisés avec une plénitude certaine.

 

Un jardin tout en pétales de roses

Le haut mur qui borde le jardin n’est ni peint ni couvert de plantes grimpantes. C’est une tendance à Bruxelles de préférer laisser nue la palette naturelle des vieilles briques. Tant les plantations que les matériaux du jardin ont été choisis en fonction de ce riche camaïeu de terre cuite. Dans un style contemporain, la paysagiste Nathalie Devallée joue avec les surfaces de gravier rose clair, les allées pavées, les bordures aux ondulations aquatiques, les parterres fleuris d’où émergent quelques exotiques. Un environnement idéal pour l’artiste Cécile Defforey qui a son atelier dans la maison avant et pour la galerie d’art « Riva Project » qui occupe la petite maison arrière que l’on atteint en traversant l’œuvre jardin. Tout y est rose, tout y est pétale de rose … Un ensemble réussi !

 

Esprit design

Ce jeune jardin gravite autour d’une étoile brillante. Avec une apparente économie de moyens et d’effets, la composition émet une étonnante énergie faite de plénitude et d’enthousiasme. Le jardin vient d’être redessiné en même temps que la maison était entièrement rénovée. Un avant-jardin sobre et net où trône un beau magnolia, une allée latérale toute en simplicité, et nous voici dans un petit parc sur deux niveaux, dominés par une majestueuse terrasse en pierre bleue. Dans une première partie, ce sont des parterres variés où dominent les symétries, tandis qu’en fond de jardin de beaux arbres – certains anciens d’autres nouveaux – prennent leurs marques. Avec ses deux sculptures, l’esprit design règne sur ce jardin : une impressionnante sphère en acier, étoile de lumière et d’ombre suivant le point de vue, de nombreuses volutes de bordures en acier, sans oublier le beau cercle de gravier qui orne un grand tilleul d’une auréole apaisante.
 

Quelques autres jardins

Bruxellensis Urbanus Hortus par Jacques Wirtz

163 m², ce jardin n’est pas bien grand ! Situé à quelques pas de la merveilleuse église du Béguinage, il peut illustrer ce que l’on appelle aujourd’hui une forme de partenariat entre le CPAS de la Ville et une famille qui s’est installée dans les années 70 au cœur du quartier. Occupant le cœur d’un îlot d’habitations (rue du Grand Hospice, du Béguinage, de l’Infirmerie) : un grand hall industriel et un atelier-voiture, le tout en ruine depuis deux décennies au moins. Pourquoi ne pas oser un espace vert, plus exactement un jardin ? Pour donner plus de portée à la rénovation des logements, démontrer la possibilité de faire plus encore. Dans ce cas-ci le travail est énorme : entre les démarches administratives et l’inauguration, trois ans ! L’époque n’oriente pas vers les potagers urbains participatifs. L’accent est placé sur un idéal de beauté, de perfection, de gratuité. Pour l’atteindre, un architecte, Jacques Wirtz offre sa collaboration avec enthousiasme car il connaît la signification de ce geste dans l’avenir de la ville européenne. Le plan et sa mise en œuvre inscrivent la tradition des jardins classiques sur la voie de l’urbanité plus profonde dans une ville complexe. Chaque année, les visiteurs repartent rassérénés.

 

Une oeuvre de l’Américain Dan Kiley

Le paysagiste américain Dan Kiley (1912-2000) compte parmi les créateurs de jardins les plus importants du 20ème siècle. Son oeuvre, riche et aboutie, est représentée partout dans le monde (USA, UK, France, Japon…). Bruxelles a le privilège d’héberger une de ses créations majeures dans la cour privée des bâtiments de l’AG-Insurance. D’ordinaire réservé à la circulation interne du personnel, le jardin sur dalle qu’il y a créé sera exceptionnellement ouvert au public. On retrouve ici la syntaxe très singulière du maître américain: rythme, pergola, jeux d’eau et de textures, alignement. Le mariage d’une géométrie forte et contemporaine avec des éléments naturels, voire sauvages, confère à l’oeuvre un style d’une plénitude poétique impressionnante, reconnaissable entre toutes.

 

La piscine de la Fondation Boghossian par Michel Polak

Certains diront qu’il n’y a pas de jardin à cette adresse. Le style et l’histoire de la Villa Empain valent pourtant le déplacement. Les aménagements des espaces extérieurs aussi, comme la monumentale piscine surélevée entourée d’une pergola, de claustra et des frondaisons du Bois de la Cambre. L’ensemble architectural Art Déco de 1934, unique à Bruxelles et entièrement restauré par la Fondation Boghossian en 2010 crée l’unité entre l’intérieur et l’extérieur de façon exemplaire. Le bâtiment et la piscine sont entourés d’un jardin agrémenté de sculptures contemporaines. La Fondation Boghossian – Villa Empain, Centre d’art et de dialogue entre les cultures d’Orient et d’Occident, présente également l’exposition payante Mondialité. Visites guidées toutes les demi-heures de 11h à 13h et de 13h30 à 17h

 

Le jardin de l’ami Carême par Maurice Carême et Charles Van Elst

Andrée Sodenkamp, Jean Tordeur, René Verboom, Charles Bertin, Jean Mogin, Luc De Decker, Marcel Delmotte, Félix De Boeck, Akarova, Henri-Victor Wolvens, Léon Navez, Roger Gobron, Rodolphe Strebelle, Lismonde, Roger Somville, Paul Delvaux … C’est ici que vécut Maurice Carême et où se réunissaient ses amis poètes, peintres, artistes belges de tout poil. Ici, dans cette petite maison blanche construite en 1933 à la manière des béguinages flamands par l’architecte Charles Van Elst, celui-là même qui restaura la Maison d’Erasme (Jardin n°15). A cette époque la campagne était partout et la petite maison ne fut rattrapée par la ville qu’après la guerre. Le jardin est aussi simple, fleuri et naturel que la poésie écrite par Maurice Carême sous son pommier. Devenu Musée en 1978, nous vous invitons à vous imprégner des poèmes qui seront lus en ce lieu heureux.

 

Jardin des Simples et Jardin Philosophique à la Maison d’Erasme par René Pechère et Benoît Fondu

En 1521, Erasme vient à Anderlecht pour y consulter un manuscrit du Nouveau Testament. Séjour court mais fructueux, qui valut à cette demeure datant de la fin du XVe siècle de passer à la postérité sous le nom de maison d’Erasme. Le jardin que René Pechère a composé dans l’enclos de la maison conserve la mémoire du passage de l’humaniste à Bruxelles. Il s’agit d’un jardin de cloître d’esprit Renaissance, le Jardin des Maladies, où les parterres en carré sont chargés de plantes médicinales et condimentaires. D’apparence carrée, le plan a nécessité des corrections optiques importantes dans la mesure où l’espace forme en réalité un trapèze. En 2000, autour du jardin de cloître, l’architecte du paysage Benoît Fondu a dessiné le Jardin Philosophique, dont les parterres en forme de feuilles contiennent chacun un échantillon botanique des paysages traversés par Erasme au cours de ses voyages. Du 6.10.2017 au 07.01.2018 – Exposition: Renouveler un texte millénaire. Érasme réformateur ? Des manuscrits enluminés et d’autres trésors vous y attendent ! Le jardin est accessible de 10h à 18h. Des visites guidées sont organisées en français à 10h-11h-14h-15h en néerlandais à 12h et 13h. Durée des visites 1 heure.

 

Le jardin du Parador Par Jacques Dupuis

En 1947, l’architecte Jacques Dupuis conçoit pour son frère Paul-Victor le bâtiment du Parador (mot castillan qui signifie « halte »), un bâtiment que certains considèrent comme une des premières constructions d’importance de l’immédiat après-guerre en Belgique. Il y développe un système de composition organique qu’il reprendra assez souvent et qui se signale par une utilisation de murs-écrans obliques et par une prolongation vers l’extérieur des lignes de l’architecture intérieure. Côté jardin, une tour de pierre, d’inspiration espagnole, et des murs enduits de blanc confèrent à l’ensemble une ambiance du Sud. Le jardin, qui accorde des aspects très modernes à d’autres plus pittoresques (jardin alpin, rivière d’azalées, fontaine en mosaïque…) met magnifiquement le bâtiment en valeur.

Un petit chef d’oeuvre par Dominique Eeman

Passionnés des jardins et imprégnés par l’art des jardins de jadis, les propriétaires et leur architecte Dominique Eeman ont créé une synthèse épurée de cette grammaire belge des jardins. Plus que les mots ou les idées, c’est I’harmonie de la syntaxe et l’ajustement de la ponctuation qui frappent le visiteur. Verger, potager, serre, miroir d’eau, chemin de briques sur champ, chambre de verdure, larges escaliers et gloriette se partagent l’espace. Accompagné par la présence débonnaire d’une légion de buis taillés en boules et en vagues, le paysage ondule et surprend par sa maturité calme et rayonnante.

Inscriptions

Comme chaque année, les réservations sont obligatoires!

Le public pourra se procurer la brochure-programme à la Fondation CIVA située rue de l’Ermitage 55 à 1050 Bruxelles aux Halles Saint-Géry (Place Saint-Géry à 1000 Bruxelles) et au Brussels Info Place BIP (Place Royale) et devra s’inscrire aux rendez-vous de son choix pour chacun des 40 jardins sélectionnés.

Les inscriptions se feront sur le net, par la poste, à la Fondation CIVA (55 rue de l’Ermitage à 1050 Bruxelles) et par fax (02 649 73 95).

Pas d’inscription par téléphone. En fonction des places disponibles, les personnes inscrites recevront une confirmation du lieu et de l’heure de visite portant le logo de l’opération.

http://jardinsenfete.bvrp.net